
| Notre histoire s'inscrit profondément dans celle de la province du DAUPHINE, dont nous étions le dernier bastion avant la SAVOIE. |
Ainsi, le fait d'être situé sur ce lieu de passage stratégique a très certainement contribué à une fréquentation de ces lieux par l'homme dans des temps très reculés. Nous n'avons pas, à Vaujany, trouvé de trace ( pierres tombales, outils, instruments de chasse) des premières incursions humaines dans les Alpes, datées de 8 000 ans av JC, mais on peut sans risque de se tromper indiquer que des traces d'habitat permanent datant de l'âge du bronze, soit 800 ans av JC, ont été trouvées en altitude sur une autre voie de passage vers l'Italie, près du col du Lautaret.
Puis les hordes Celtes ont peuplé la vallée de la Romanche, à 10 km d'ici, plus précisément la peuplade des UCENNIS, qui a donné son nom à l'Oisans.
Plus tard, les Romains avides de conquêtes guerrières sont passés par là, laissant dans les Grandes Rousses qui nous surplombent des traces de leurs fameuses voies romaines, et également d'exploitations minières puisque les montagnes qui nous entourent sont truffées de minerais : cuivre, argent et charbon.
Puis, dans l'ordre, les ALAMANS, venus de Suisse, puis les BURGONDES, des scandinaves, ainsi que les terribles LOMBARDS, déferlent dans nos montagnes, suivis quelques siècles plus tard par des visiteurs au teint basané que l'on n'attendait pas dans de si hautes contrées : les SARRAZINS, qui ont laissé trace de leur implantation dans le village voisin de VILLARD-RECULAS sous forme d'un canal d'adduction d'eau. On sait qu'ils étaient eux aussi friands de métaux précieux.
C'est là une histoire bien ancienne, me direz-vous, mais nous sommes des descendants de ces envahisseurs successifs...
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Les Brûleurs de loups.
Au fil des temps qui s'écoulent, l'histoire des hommes s'écrit en parallèle avec celle de la nature...
Ainsi, ces peuplades qui ont fréquenté nos montagnes pour y chasser, puis qui s'y sont implantées, devaient gagner sur une nature hostile pour y vivre. C'est alors que les hommes ont défriché peu à peu chaque parcelle de terre volée à la forêt.
Ceux qu'on appelait les Brûleurs de loups, répondaient aussi à un double besoin : l'extermination par le feu de leur ennemi de toujours, prédateur de l'homme et des troupeaux, LE LOUP, ce fameux YSENGRIN des contes et légendes. Et par la même opération de déboisement, c'était autant de terres cultivables ou paturables que l'homme venait prendre à la nature.
Ils ne se doutaient pas, se faisant, qu'ils rompaient là un équilibre naturel, car en détruisant les forêts, ils exposaient les massifs à une forte érosion, dont nous subissons encore de nos jours les conséquences, sous forme de combes avalancheuses d'affaissements de terrains, que nous ne connaîtrions pas si la forêt n'avait pas été massacrée. |
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